Au cœur du rein... et au service de la vie
Le service de néphrologie de l’H.U.B-Erasme
Par le Pr Alain Le Moine
Pourquoi choisir l’H.U.B-Erasme pour une maladie rénale ? C’est une question légitime et la réponse est simple. À l’H.U.B-Erasme, nous disposons d’une véritable palette d’experts : une équipe jeune d’une quinzaine de spécialistes. Cette jeunesse est une force : nous sommes au fait des toutes dernières avancées en néphrologie clinique. Notre priorité absolue est de retarder au maximum l’évolution de la maladie rénale chronique pour éviter, autant que possible, le recours aux techniques d’épuration extra-rénale, qu’il s’agisse de la dialyse péritonéale ou de l’hémodialyse.
Mais si ces techniques deviennent nécessaires, nous les abordons avec un concept central : l’autonomie du patient. Notre équipe est jeune ; ces médecins savent ce que signifie vouloir travailler, être libre, avoir une famille et des occupations au-delà de la maladie. L’objectif est de permettre au patient de gagner sa vie et de se soigner avec un maximum de liberté.
Notre équipe compte également des experts de premier plan en transplantation rénale. Ils ont l’habitude de gérer des situations particulièrement complexes : patients hyperimmunisés ou souffrant de pathologies lourdes associées, comme le cancer. Greffer un patient atteint d'un cancer nécessite de gérer une immunosuppression délicate ; c’est là que notre technicité prend tout son sens.
Cette expertise s’appuie sur une recherche académique foisonnante. Aujourd’hui, une dizaine de thèses de doctorat sont en cours dans le service. Presque tous nos jeunes médecins préparent une thèse pour valider leur démarche et se questionner sans cesse sur les meilleures options possibles. Leur but ultime ? Rendre les patients plus libres, en meilleure santé et, finalement, joyeux.
En effet, le bien-être du patient est aussi central en néphrologie et nous pouvons être fiers de notre degré d’humanité. Le médecin n’est pas seul : dans les équipes de dialyse, et particulièrement pour la dialyse à domicile, les infirmières sont totalement dédiées aux patients. Ce sont des soins de longue durée, des patients chroniques que nous apprenons à connaître intimement.
C’est une médecine de liens. Nous suivons des parcours de vie complets : de la maladie chronique à la dialyse, puis vers la transplantation, et parfois un retour en dialyse si le transplant fatigue. C’est une vie partagée jusqu’au bout. Il m’arrive croiser dans la rue des patients que je suis depuis 30 ou 40 ans. Cela crée un lien humain d’une profondeur exceptionnelle.
Nous cherchons aussi à aller toujours plus loin, nos pistes d’amélioration sont nombreuses et se concrétisent à travers nos collaborations avec les laboratoires, notamment l’EPIV du Professeur Arnaud Marchand. Nos thésards collaborent avec des centres américains et français pour mener des travaux publiés dans les meilleures revues internationales. Et nous collaborons aussi avec le Pr Stanislas Goriely de l’ULB
Nous cherchons aujourd'hui des solutions à des questions qui n'en ont pas encore en médecine comme la protection contre les infections, à savoir comment mieux protéger nos transplantés de la grippe, du Covid, ou de virus plus spécifiques comme le BK virus ou le CMV (cytomégalovirus). Deux thèses ont d’ailleurs déjà été consacrées au Covid.
Nous nous penchons aussi sur l’optimisation du greffon pour répondre à la question : comment mieux compatibiliser les patients pour augmenter la durée de vie du rein greffé.
Enfin, le défi du cancer chez les patients greffés rénaux est aussi un axe de recherche majeur. Le travail de thèse du Docteur Tess Van Meerhaeghe est ici crucial. https://fondserasme.org/fr/actualites/offrir-une-nouvelle-chance-aux-patients-transplantes-atteints-de-cancer-une-recherche
Elle étudie les "immuno-checkpoint inhibitors". Ces traitements de pointe contre le cancer stimulent l'immunité, ce qui est risqué pour un greffé car cela peut provoquer un rejet. Pourtant, la transplantation et les immunosuppresseurs augmentent de 100 à 200 fois le risque de certains cancers cutanés métastatiques. Pouvoir utiliser ces médicaments — souvent les seuls efficaces — sans perdre le greffon est un enjeu majeur. Tess travaille à comprendre comment nous pourrions, chez au moins un patient sur deux, recourir à ces traitements indispensables pour une médecine de qualité.
En définitive, c'est cette alliance entre recherche de pointe, expertise techinque et profonde humanité qui fait l'ADN de notre service à l’H.U.B-Erasme.