Le service de neurochirurgie de l’H.U.B-Erasme : l’expertise et l’humanité en faveur d’une vie de qualité
Par le Pr Olivier De Witte, Chef de Service de neurochirurgie
Une spécialisation unique et historique pour les interventions les plus complexes
Si des patients traversent toute la Belgique, de Liège jusqu’à Arlon, pour confier leur santé au service de neurochirurgie de l’H.U.B-Erasme, c’est parce que notre centre s’impose comme l’un des plus prestigieux et des plus pointus du monde francophone belge.
Notre spécificité réside dans une expertise rare : alors que de nombreux services consacrent l'essentiel de leur activité à la colonne vertébrale, la chirurgie crânienne représente ici 60 % de nos 1 500 interventions annuelles. Cette spécialisation nous permet de maîtriser des opérations complexes, dites « de haut vol », avec une précision et des résultats d'excellence, tant pour la base du crâne que pour le rachis.
Cette attractivité repose sur une vision pionnière initiée par le Professeur Jacques Brotchi et que je poursuis avec passion depuis 18 ans. L’innovation est notre ADN : après avoir introduit la résonance magnétique peropératoire et le premier Gamma Knife de Belgique dès 1999, nous avons continué à transformer la discipline.
Des premières mondiales, comme la résection de tumeurs guidée par PET scan — qui a fait la une du prestigieux Neurosurgery — aux robots neurochirurgicaux dès 2007, nous repoussons sans cesse les limites du possible.
Aujourd’hui, nous restons à l’avant-garde avec la technologie LITT, offrant de nouveaux espoirs dans le traitement des tumeurs cérébrales et de l’épilepsie.
Un accompagnement humain où la qualité de vie du patient est centrale
La force de l’H.U.B-Erasme, c’est avant tout une équipe soudée de praticiens hautement qualifiés. Des experts comme le Dr Julien Spitaels pour la chirurgie de la base du crâne et le Dr Sophie Schuind pour la chirurgie fonctionnelle travaillent main dans la main, bientôt rejoints par de nouveaux talents formés dans les meilleurs centres internationaux.
Cependant, l’excellence technique n’est rien sans humanité. Ayant moi-même connu l’expérience de patient, je refuse la froideur clinique. Chez nous, le neurochirurgien ne quitte pas son patient après l'opération : il assure personnellement le suivi oncologique, créant un lien de confiance durable. Cette bienveillance est partagée par l’ensemble du personnel infirmier, dont l'empathie reste une priorité absolue malgré l’intensité de leur mission. Pour nous, l'objectif n'est pas seulement de soigner, mais de préserver ce que le patient a de plus précieux : sa qualité de vie.
Gagner du temps et de la vie, des premiers pas à l'âge adulte
Chaque semaine, nos équipes luttent contre des pathologies lourdes, comme le glioblastome. Sans notre intervention, la pression intracrânienne condamne les patients à des souffrances terribles, au coma et au décès.
Si l'espérance de vie d'un glioblastome (Grade 4) est classiquement de 14 mois, elle monte à 36-40 mois pour les grades 3, et 13-14 ans pour les grades 2. Une de nos patientes, suivie depuis 20 ans, est même considérée comme guérie.
Grâce aux progrès de la chirurgie et des thérapies ciblées, nous espérons transformer ces statistiques. L'avenir, par exemple, de l'oncologie dans les tumeurs cérébrales, se dessine d'ailleurs autour des thérapies ciblées (pour la mutation IDH1 des gliomes de bas grade) et de l'immunothérapie, pour contrer les substances tumorales qui diminuent l'immunité.
Notre leadership s'étend à la neurochirurgie pédiatrique, dont j’ai reprisl’activité en 2010. Premier centre francophone en neurochirurgie pédiatrique, nous traitons chaque année 150 à 200 enfants. Qu’il s’agisse de craniosténoses ou de tumeurs cérébrales complexes (dont nous traitons la moitié des cas nationaux), nous misons sur la formidable plasticité du cerveau des plus jeunes. Voir un enfant remarcher deux ans après une hémisphérotomie est notre plus belle victoire.
La psychochirurgie : repousser les limites de la science pour soigner l'esprit
Dans dix ans, l'avenir reposera sur la chirurgie du rachis - dont nous sommes centre de référence européen pour les tumeurs intramédullaires - et sur la neurochirurgie fonctionnelle.
En effet, pour ce qui concerne la neurochirurgie fonctionnelle, la stimulation cérébrale offre déjà des résultats spectaculaires sur la maladie de Parkinson, les tremblements essentiels, la douleur ou l'épilepsie.
Notre prochain défi révolutionnaire sera la psychochirurgie. Face à la montée des maladies mentales, nous développons des implants capables de traiter des pathologies jusqu'ici impuissantes devant les médicaments : dépressions profondes, troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ou anorexie sévère.
Pour mener à bien cette révolution médicale et offrir ces années de vie de qualité à nos patients, le soutien en équipements de pointe et en personnel dédié est vital. Investir dans la neurochirurgie à l’H.U.B-Erasme, c'est choisir de donner une chance supplémentaire à chaque cerveau, à chaque âge, et à chaque vie.