Quand l’infection s’attaque au cœur : comprendre l’infarctus de type 2
Infarctus du myocarde de type 2 chez les patients hospitalisés en réanimation pour un choc septique : une étude prospective observationnelle multi-centrique
La survenue d’un dommage myocardique, diagnostiqué par une élévation significative de la troponine cardiaque, concerne près de deux tiers des patients hospitalisés en réanimation pour une cause non cardiaque, notamment septique. Dans ce contexte, il est associé à une augmentation de la morbi-mortalité cardiovasculaire à moyen terme. L’infarctus du myocarde de type 2 (IDM2) est défini comme un dommage myocardique d’origine ischémique sans mécanisme athéro-thrombotique aigu, survenant lors d’un déséquilibre entre l’offre et le besoin en oxygène, comme dans le choc septique. Une étude rétrospective récente rapporte un dommage myocardique ischémique chez 14,5 % des patients en réanimation pour sepsis.
Plusieurs mécanismes physiopathologiques intriqués contribuent à ce déséquilibre dans le choc septique. Toutefois, la présence d’une maladie coronaire stable avec sténose significative peut limiter le débit sanguin et favoriser l’ischémie. En cardiologie générale, une coronaropathie est retrouvée chez 30 à 77 % des patients avec IDM2 explorés par angiographie, et elle augmente le risque d’événements cardiovasculaires majeurs et de décès. En revanche, chez les patients avec IDM2 au cours d’un choc septique, la prévalence de la maladie coronaire (MAC) et son impact pronostique restent inconnus, alors que cette information est essentielle pour adapter les stratégies de prise en charge.
Nous proposons donc une étude prospective multicentrique observationnelle visant à évaluer la prévalence de la MAC chez les patients survivants d’un choc septique compliqué d’un IDM2. Les objectifs secondaires seront d’identifier les facteurs prédictifs de MAC et d’évaluer son impact sur le risque cardiovasculaire à moyen terme.
L’IDM2 dans le choc septique sera défini par l’association d’un dommage myocardique et d’au moins un signe d’ischémie (clinique, ECG ou échocardiographique). L’inclusion (J1) aura lieu après résolution du choc septique et avant la sortie d’hôpital, après information et recueil de la non-opposition du patient.
Un suivi à J30 (jusqu’à J90), laissé à la discrétion du cardiologue, pourra inclure un bilan clinique, biologique, échographique, ainsi qu’une éventuelle exploration coronarienne si jugée nécessaire. Un second suivi téléphonique sera effectué à 1 an pour recueillir les réhospitalisations liées à un événement cardiovasculaire majeur et le statut vital.
Le suivi post-réanimation correspond aux pratiques courantes des patients en choc septique avec IDM. Les examens réalisés s’inscrivent dans la routine clinique et respectent les recommandations actuelles.
La période de suivi pour chaque patient sera d’un an. L’étude prévoit l’inclusion de 175 patients sur 42 mois dans 10 centres (7 en Belgique et 3 en France). La durée totale de l’étude sera de 52 mois.