Publié le 04.12.2025

Comprendre, diagnostiquer et accompagner chaque patient, aujourd’hui et demain

Clinique Intégrée de la Mémoire

Interview du Pr Mélanie Strauss et du Dr Jean-Christophe Bier

La Clinique Intégrée de la Mémoire de l’H.U.B–Erasme offre une prise en charge unique en Belgique. Elle propose aux patients confrontés à des troubles de la mémoire ou d’autres fonctions cognitives un parcours complet, structuré et personnalisé, depuis les premiers symptômes jusqu’au suivi à long terme. Qu’il s’agisse de mémoire, de langage, de planification, d’attention, de comportement ou simplement d’une impression de « brouillard mental », chaque plainte cognitive y trouve une réponse claire et un accompagnement adapté.

Un lieu où toutes les expertises sont réunies

La clinique rassemble, au sein du département de neurologie, toutes les disciplines nécessaires : neurologie, neuropsychologie, logopédie, ergothérapie, imagerie médicale, médecine nucléaire et bien d’autres compétences encore. Cette organisation permet d’éviter les consultations dispersées et de proposer un parcours cohérent dès le premier rendez-vous.

Une voie d’accès spécifique existe également via l’hôpital de jour gériatrique pour les personnes de plus de 75 ans, ce qui garantit une prise en charge parfaitement adaptée à leur âge et à leur profil médical.

Un diagnostic plus rapide, un suivi réellement structuré

L’ouverture de la clinique a permis de recruter davantage de médecins, ce qui a réduit les délais d’attente et rendu l’accès aux consultations plus fluide. Lors du premier rendez-vous, un bilan complet est planifié en proposant au patient un ensemble d’examens adaptés à sa situation, tout en respectant sa liberté de choix.

Le parcours se déroule ensuite en deux temps. Le premier vise à établir un diagnostic précis, en rassemblant l’ensemble des examens nécessaires pour comprendre ce qui se cache derrière les symptômes. Le second correspond au suivi ambulatoire, qui devient plus régulier et mieux coordonné grâce à la neuropsychologie, à l’ergothérapie, à la logopédie et, prochainement, à des outils innovants comme la réalité virtuelle. Le patient n’est jamais laissé seul après l’annonce du diagnostic ; un accompagnement continu est assuré.

 

Toutes les causes explorées, des plus fréquentes aux plus inattendues

Si beaucoup de personnes consultent en pensant immédiatement à la maladie d’Alzheimer, la clinique évalue en réalité toutes les causes possibles de troubles cognitifs. Les maladies neurodégénératives occupent une place importante, qu’il s’agisse d’Alzheimer, de maladies apparentées, de dégénérescences frontotemporales, de différents types de Parkinson ou d’affections plus rares.

Mais les troubles cognitifs peuvent également avoir des causes non dégénératives : traumatisme crânien, lésions vasculaires, séquelles d’AVC parfois passées inaperçues, troubles du sommeil comme l’apnée, dépression ou anxiété sévère, variations hormonales comme celles liées à la ménopause, carences vitaminiques, effets secondaires de certains médicaments, ou encore causes infectieuses ou inflammatoires.

La clinique agit alors comme un filtre diagnostique essentiel : elle identifie la cause, oriente vers les spécialistes compétents et propose un suivi lorsque cela est nécessaire, même lorsque la pathologie n’est pas neurologique.

Des parcours de soins structurés et une collaboration étroite avec la gériatrie

Des circuits de soins spécifiques ont été développés pour les troubles du sommeil, les causes vasculaires, les situations psychiatriques ou certaines affections neurologiques complexes. Ces parcours permettent un dépistage efficace, une orientation adéquate, un traitement adapté et une coordination fluide entre les différents services.

La collaboration renforcée avec la gériatrie constitue également un pilier essentiel, garantissant aux patients plus âgés une prise en charge cohérente et parfaitement ajustée.

Une recherche structurée pour mieux anticiper l’évolution des maladies

La clinique mène un important travail de recherche grâce au suivi longitudinal de plus de 2 000 patients. Ces données, récoltées au fil du temps, permettent d’observer comment les profils évoluent, quelles caractéristiques prédisent la progression, et comment améliorer la précision des diagnostics.

Pour y parvenir, les équipes utilisent des bilans neuropsychologiques répétés, des IRM régulières, des séquences d’imagerie spécifiques pour analyser le système de « nettoyage » du cerveau, des enregistrements du sommeil à domicile ou encore des études en magnétoencéphalographie. L’ensemble de ces informations permet de mieux comprendre pourquoi certaines personnes évoluent plus rapidement que d’autres et comment détecter les maladies neurodégénératives beaucoup plus tôt.

Cette structure permet également d’intégrer des projets de recherche multicentriques, d’abord à Bruxelles, puis à l’échelle nationale ou internationale, en harmonisant les pratiques, les définitions et les outils d’évaluation.

Réalité virtuelle : un outil thérapeutique et diagnostique d’avenir

La réalité virtuelle représente une avancée majeure au sein de la clinique. Dans une chambre immersive avec projections aux murs et au sol, les patients peuvent évoluer dans des environnements apaisants — mer, désert, montagne — pour réduire le stress, améliorer le vécu émotionnel et atténuer certains troubles du comportement. Cette approche non médicamenteuse complète les thérapies traditionnelles et offre un véritable moment de calme aux patients.

La réalité virtuelle permet également de tester la cognition dans des situations proches de la vie quotidienne. Les équipes développent par exemple des tests de navigation dans un labyrinthe ou des scénarios dans un supermarché virtuel. Ces évaluations pourraient détecter plus précocement des troubles parfois invisibles dans les tests classiques. Les performances observées en réalité virtuelle sont ensuite mises en relation avec l’imagerie cérébrale, la MEG et d’autres marqueurs précoces.

L’intégration future de lunettes de réalité virtuelle pourrait augmenter la capacité d’accueil et rendre ces outils encore plus accessibles.

Pourquoi votre soutien compte réellement

La Clinique Intégrée de la Mémoire représente une nouvelle façon de prendre en charge les troubles cognitifs : intégrée, structurée, humaine et tournée vers l’innovation. Mais ces avancées demandent des moyens importants. Les examens de recherche, les IRM répétées, les équipements de réalité virtuelle, les logiciels, le développement des scénarios immersifs, les bandeaux de sommeil, la MEG ou encore l’analyse des données représentent des coûts que l’hôpital ne peut assumer seul.

Soutenir cette clinique, c’est permettre d’accélérer les diagnostics, de renforcer le suivi, de financer des technologies innovantes, de créer des tests plus sensibles, d’améliorer la qualité de vie des patients et de faire avancer la compréhension des maladies cognitives.

C’est un geste concret, immédiat et profondément humain pour accompagner les patients et leurs familles, aujourd’hui et dans les années à venir.